Marianne Cornevin,
historienne de l’Afrique

Marianne Cornevin est éclaireuse unioniste : dans le cadre de la FFE, elle rencontre Hélène Viannay qui la contacte ensuite quand il s’agit de monter le réseau de distribution du journal clandestin Défense de la France.

Après guerre, elle part avec son époux en Afrique, vit dans plusieurs pays notamment au Bénin. Médecin, elle exerce notamment en médecine scolaire. Quand le couple rentre en France, c’est l’histoire qui retient alors son attention. Initialement, elle travaille dans l’ombre de son mari, réalisant une partie des recherches pour sa thèse. Puis en 1972, elle publie elle-même le tome 2 de l’Histoire de l’Afrique lancée par son mari. Elle se penche ensuite longtemps sur l’Afrique du Sud et le régime de l’apartheid, mettant en lumière les falsifications de l’histoire qui y sont à l’œuvre. Elle travaille aussi sur une synthèse et vulgarisation des dernières découvertes archéologiques concernant le continent africain, où elle met en avant les technologies utilisées précocément par différents peuples africains.

Comme le retrace cet article passionnant de Libération, elle lutte avec son travail d’historienne contre « les idées reçues d’un européocentrisme délirant » dans la lecture de l’histoire de l’Afrique. Cet article vaut aussi le détour pour le récit de ses difficultés à s’imposer parmi les historiens en tant que femme, et femme de.

Sa page Wikipedia est par ici, et on cherche une photo!

Maud

Dominique Riehl, réformatrice de l’éducation surveillée pour jeunes filles

Plonger dans la vie de Dominique Riehl m’a fait découvrir le monde de l’éducation surveillée de l’après guerre et cela n’est pas une des plus belles découvertes que j’ai faite pour les Astrales.

Eclaireuse puis cheftaine dans sa jeunesse. Elle commence sa vie professionnelle comme institutrice.

L’ordonnance de 1945 sur l’enfance délinquante affirme une volonté d’éducation en opposition à la répression d’avant guerre. De nouveaux modèles éducatif sont à l’essai, voulant clore le passé pénitencier en mettant en place l’internat de rééducation. C’est dans ce contexte que Dominique Riehl est chargée de prendre la direction et de réformer l’établissement pour jeunes filles de Cadillac.

En recrutant d’anciennes éclaireuses et cheftaine, elle tente d’introduire le scoutisme dans les méthodes pédagogiques.

Elle ouvre par la suite un autre centre: Brécourt, alors considéré comme une réussite dans l’éducation surveillée et de nombreux visiteurs viennent y examiner les méthodes (magistrats, pédagogues)

Elle sera durant de nombreuses années une figure majeure dans le monde de l’éducation surveillée, en tant que formatrice et membre d’une commission consultative sur l’enfance délinquante et socialement inadaptée puis en tant qu’inspectrice.

Des critiques s’élèvent à l’époque contre ses méthodes : elle choisit pour son deuxième centre les meilleurs éléments et abandonnent les autres jeunes filles. De ses nombreux écrits ressort l’idée qu’elle n’a aucune foi en la réinsertion de ces jeunes filles et les décrit comme ayant des « tendances à la paresse », des « penchants pour la débauche », elles présentent des « faiblesses d’esprit ».

Malgré des propos marquants pour notre époque, il faut souligner que avant l’éducation surveillée n’existait que des établissement de type pénitencier sans aucune volonté éducative.

Vous pouvez découvrir le reste de sa vie sur sa fiche wikipédia ! Nous n’avons à ce jour aucune image d’elle, si jamais vous découvrez dans des archives des images de Brécourt ou de Cadillac, n’hésitez pas à nous les transmettre!

Diane

Antoinette Butte : rédactrice du manuel et de la loi de l’éclaireuse, fondatrice de la communauté de Pomeyrol

Antoinette Butte en uniforme de la FFE

Antoinette Butte est née le 12 juillet 1898 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) et est décédée le 30 avril 1986 à l’âge de 87 ans dans la communauté de Pomeyrol (Bouches du Rhône). Très connue pour avoir fondé cette communauté œcuménique de prière et pour s’être entièrement consacrée à une vie de diaconesse protestante inspirée du mouvement des Veilleurs1, Antoinette Butte est aussi une fondatrice du scoutisme féminin. Elle ne fait pas partie des cinq fondatrices dites de « la main »2, pourtant elle a largement contribué bien avant 1921 à l’émergence d’un scoutisme féminin en rédigeant par exemple le premier manuel de l’éclaireuse ainsi que la loi des éclaireuses.

La vie d’Antoinette semble dès ses début promise à un avenir dans le scoutisme, alors même que le mouvement au niveau mondial est à ses débuts. Elle naît dans une famille mixte, d’une mère alsacienne luthérienne et d’un père catholique lorrain, elle fréquente différents groupes protestants tels que des foyers de jeunes filles ou bien l’Armée du Salut, mais restera toujours très attachée à une forme profonde d’œcuménisme. Elle écrivait à ce propos en 1980 : « Ainsi, à l’heure actuelle encore, les anciennes Éclaireuses se reconnaissent-elles entre elles, dans le mouvement œcuménique, parce qu’elles ne « font pas de l’œcuménisme » comme tant d’autres, mais qu’elles SONT œcuméniques, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Ceci par formation de jeunesse et sans confusion ni complexes. »3. C’est aussi dans sa structure familiale que l’on retrouve chez Antoinette un terrain propice au scoutisme, Henri Butte son père, est officier de cavalerie et membre fondateur de l’école des Roches et de l’école des Chênes-verts, des écoles qui s’inscrivent dans des réseaux d’éducation nouvelle et de pédagogies expérimentales caractéristiques de cette fin de XIXe siècle et en inspiration directe de ce qui se pratiquait alors en Angleterre : exemple la création du scoutisme par un autre officier, Lord Baden Powell. Mais Henri Butte n’aura pas le temps de s’intéresser au scoutisme, il meurt dès le début de la première guerre mondiale, laissant sa femme Marie et ses trois filles seules déménager à Paris. Avant cet épisode dramatique de sa vie et à propos de son enfance passée à Lunéville et de ses vacances en Suisse avec ses cousines, Antoinette Butte aimait à rappeler que c’est là qu’elle pratiquait le scoutisme avant l’heure. Elle se souvient dans ces années 1910-1913 avoir formé une « bande » organisée, avec ses codes et ses règles et surtout ses aventures : « Nous avions notre sigle mystérieux, les S.M.A.E.H.K.B.A, notre loi secrète, notre langage muet en présence des adultes (celui des sourds-muets, copié sur le Larousse) et chacune un surnom. Une hiérarchie aussi : le chef était l’aînée (responsable donc des sottises) j’étais le stratège, fertile en inventions d’aventures, les deux autres le gros de la troupe, un peu traînasseuses, et la petite dernière l’enfant de troupe. »4. Pour Antoinette le scoutisme n’aurait rien inventé, elle voit en Baden Powell un catalyseur qui aurait su capter l’esprit de bande, très présent dans les groupes d’enfants, et le transformer en une pédagogie nouvelle et attractive. Mais l’engagement d’Antoinette dans la création du scoutisme féminin serait resté vain si elle n’avait pas déménagé à Paris où elle rencontre alors des femmes très engagés dans la transformation de cette « esprit de bande » en un mouvement d’éducation populaire.

La famille Butte s’installe donc à Paris en 1915, Antoinette et ses sœurs s’inscrivent alors au lycée Victor Duruy. Elle se retrouve rapidement au cœur d’un microcosme parisien protestant dans lequel un scoutisme féminin organisé est en train de naître. Au cours d’une visite au foyer de jeunes filles de la rue de Naples, Antoinette rencontre un premier groupe informel créé par Mlle Fuchs et qui s’apparente à une compagnie d’éclaireuses5. Les jeunes filles portent des uniformes, font la promesse de « servir » les autres et sont au nombre de 42 membres6. Le groupe hésite cependant à prendre le nom d’« éclaireuses » en raison d’une pièce de théâtre éponyme qui connu un certain succès en 1913 et qui associait ce terme aux militantes féministes du tournant du XIXe-XXe siècles7. Un autre groupe scout féminin se forme également au même moment à la paroisse Sainte-Marie de la Villette, sous l’égide de Georgette Siegrist. C’est dans ce contexte qu’Antoinette Butte s’engage dans la création du scoutisme féminin bien avant la déclaration des statuts de la FFE. Elle fait la rencontre d’une évangéliste8, Mlle Camille Savary, ancienne institutrice de profession désormais en charge des études bibliques à l’UCJF et responsable du foyer de la « Mission Populaire », rue Marcadet à Montmartre. Envoyée pour prêter main forte en tant que monitrice, Antoinette est très vite missionnée pour adapter le scoutisme masculin naissant et en proposer une version structurée aux jeunes filles du foyer. Violette Mouchon, alors responsable des UCJF se montre enthousiaste et lui prodigue des lectures théoriques tel que Éclaireurs de Baden Powell, qu’elle délaisse au profit de l’ouvrage Le système des patrouilles de Roland Philips qui l’inspirera profondément. Antoinette et son entourage reçoivent aussi le soutient des Éclaireurs Unionistes par l’entremise de Jean Beigbeder et finisse par installer un secrétariat des Éclaireuses au foyer UCJF situé 9 rue Daunou sous la responsabilité de Georgette Siegrist. Bien que non considérée comme une membre de la main, c’est à dire des cinq fondatrices de la FFE qui constituèrent à partir de 1921 la première équipe nationale du mouvement féminin, Antoinette Butte est une fondatrice à part entière. Alors qu’elle prépare son baccalauréat et envisage d’entrer à la faculté de droit, elle rédige sous les bombardements de la première guerre mondiale9 la loi de l’éclaireuse et le premier manuel de scoutisme féminin en France. C’est aussi avec Violette Mouchon, avec qui elle partage des cours de couture10, qu’elle élabore un chapeau à confectionner soi même pour équiper les nouvelles éclaireuses. C’est également à Antoinette que l’on doit le vocabulaire de la FFE qui se distingue de celui utilisé alors dans le mouvement masculin : les patrouilles sont appelées des clans, les troupes des sections, la cape et la cravate entre dans l’uniforme féminin ainsi que le trèfle comme symbole de ce nouveau mouvement. Alors que des YMCA américains sont en visite à Paris, Antoinette est même désignée comme responsable des Éclaireuses en France. Il se trouve qu’elle est avant tout une jeune lycéenne très engagée à la fois dans ses études mais surtout dans ces mouvements et ces œuvres avec qui elle partage une vision sociale très aboutie pour son âge : « Cette section devait dans notre esprit former et fournir des cheftaines pour les quartiers populaires et faire sortir les bourgeoises de leur milieu. »11. Mais l’implantation dans le quartier populaire de Montmartre ne se fait pas aussi facilement, Antoinette se souvient avoir reçu quelques quolibets et parfois même des pierres de la part des enfants du quartier voyant déambuler ces drôles de filles, tandis que dans les milieux bourgeois parisiens les mères de famille changent parfois de trottoir à leur approche12. Pour conclure sur ce moment historique de la vie d’Antoinette Butte, il faut peut être nuancer et replacer dans son contexte sa participation à l’émergence du scoutisme féminin. Si il est indéniable qu’elle a participé activement à la création des bases théoriques du mouvement et à l’organisation d’un des premiers groupes reconnu (celui de la rue Mission Populaire Évangélique), cela s’inscrit dans un contexte particulier. Alors que le pays est en guerre, les groupes de scoutisme féminin se structurent peut être mieux que les groupes masculins dont les chefs sont au front, mais cela se passe dans une relative autonomie et une diversification des pratiques. D’après la chercheuse Takako Tobita, ce n’est qu’avec la fondation de la FFE en 1921 lors du Congrès d’Épinal, que les pratiques s’uniformisent et que les groupes se réunissent enfin dans un mouvement pluraliste et multiconfessionnel13.

Avec la naissance de la FFE en 1921, Antoinette Butte continue alors de s’engager pleinement dans le scoutisme. Totémisée « Grand Lama » à la fin de la guerre, passée par un stage de formation en Angleterre dont elle garde un souvenir mitigé, elle finit par revenir en 1920 à Lunéville avec sa mère et ses sœurs. Elle a alors 22 ans et elle laisse aux « fondatrices » la charge et l’organisation du scoutisme parisien. C’est peut être pour cette raison qu’elle n’apparaîtra pas parmi les cinq de « la main », la première équipe nationale de la FFE. Elle organise néanmoins avec Sibette Weber (« Loup Brun »)14 le scoutisme féminin dans la région Est et l’organisation d’un congrès national scout. Elle fréquente aussi l’Armée du Salut et poursuit ses études de droit, elle devient avocate stagiaire au barreau de Nancy mais cette expérience professionnelle ne l’enchante guère. Dans ses souvenirs, Antoinette s’épanouit alors pleinement dans une vie simple faite de nuits sous la tente à dormir à même le sol15, de chants et de cantiques, ainsi que de méditations et de prières partagées avec les éclaireuses. Depuis la fin de la guerre, sa vie est également « centrée ». Elle raconte en effet comment en septembre 1918 à Nemours, au cours d’une prière avec Camille Savary et Violette Mouchon elle est atteinte par la présence de Dieu16. Mais surtout, c’est à partir des années 1920 qu’Antoinette trouve dans la méditation et la prière des ressources pour surmonter la maladie et la fatigue qui viennent parfois la terrasser alors qu’elle met toute son énergie à organiser et faire vivre le scoutisme féminin. Revenue à Paris en 1924, c’est à travers l’Armée du Salut qu’elle commence à pratiquer régulièrement des retraites spirituelles dans une maison à Fontenay-aux-Roses, trois jours par mois. Elle fait également la rencontre du pasteur Wilfred Monod, fondateur du mouvement des Veilleurs17, qui lui propose de créer son propre lieu de retraite spirituelle. C’est ainsi que commence pour Antoinette son engagement dans une petite communauté faite de prière et de pauvreté à Saint-Germain-en-Laye où elle est rejointe par d’autres cheftaines de la FFE : Jeanne Tendil, Marguerite Simonin (« Pain Bis »), « Macri » Léo et Marie-Christine18. En 1937, l’Association des Pasteurs de France demande à cette association de Saint-Germain d’ouvrir un nouveau lieu de prière près de Tarascon, un lieu qui donnera naissance à la communauté de Pomeyrol dans laquelle Antoinette passera ensuite le reste de sa vie. Mais les difficultés de la deuxième guerre mondiale ne permettent pas tout de suite cette mutation, les anciennes camarades d’Antoinette s’engagent auprès des réfugiés ou dans des services de guerre. De son côté Antoinette est présente en 1941 lorsque les fameuses thèses de Pomeyrol sont rédigées et qui marquent une prise de position de l’Église Réformée contre le nazisme et la collaboration19, son lieu de retraite spirituelle est par la suite tour à tour occupée et détruit avant d’être récupéré en 1946 par la communauté dans un état critique. Rejointe par de nouvelles sœurs, Antoinette remet la communauté de Pomeyrol sur pieds, en 1983 elle étaient ainsi 17 sœurs consacrées à la prière, les retraites et l’accueil de groupes ou d’individus. De nombreuses éclaireuses retrouvèrent ainsi dans ce lieu une « atmosphère de gentillesse et de sestralité très scoute »20. C’est ainsi qu’Antoinette Butte resta jusqu’à ses derniers jours en lien avec le mouvement de la Fédération Française des Éclaireuses qui l’avait vu participer à sa construction et se construire elle même pour s’engager pleinement dans la religion et la vie en communauté.

1Le mouvement des Veilleurs (ou « Tiers ordre des Veilleurs » dans son appellation originelle) est un groupe de prière fondé en 1923 par le pasteur Wilfred Monod qui s’organise en communauté tout en se distinguant d’une forme de monachisme. Ce mouvement protestant accorde une place prépondérante à la prière et la méditation.

2Les cinq fondatrices de la FFE, souvent désignées comme les « cinq de la main » sont : Marguerite Walther (1882-1942), Georgette Siegrist (1887-1981), Renée Sainte-Claire Deville(1889-1968), Violette Mouchon (1893-1985), et Madeleine Beley(1900-1994).

3Témoignage d’Antoinette Butte, avril 1980, accès en ligne : https://eeudf.org/archives/

4Témoignage d’Antoinette Butte, avril 1980, accès en ligne : https://eeudf.org/archives/

5Le groupe d’« éclaireuses » de l’UCJF Paris-Naples serait le plus ancien groupe à avoir pratiqué un scoutisme féminin, dont la première sortie remonterait au mois de juin 1912. Voir à ce propos la travail de recherche de Takako TOBITA, La Fédération Française des Éclaireuses (FFE) : une histoire de jeunes filles et de femmes dans un mouvement scout féminin en France (1911-1970), thèse dirigée par Laura Lee DOWNS, EHESS, 2018.

6Association des anciennes de la FFE, DT n°XV, 1983

7Il s’agit de la pièce Les Éclaireuses, écrite par Maurice Donnay et joué en 1913 à la comédie Marigny à Paris. La pièce est notamment présentée comme une pièce féministe par la journaliste, écrivaine et militante Marguerite Durand dans une conférence dont les notes sont accessible sur le site de l’université de San Diego : Durand, Marguerite and Magnin, Michèle C., « Conférence sur « Les Eclaireuses » (1913), pièce de Maurice Donnay » (1913).Tome 1.10. https://digital.sandiego.edu/durand-tome1/10

8C’est le terme utilisée par Antoinette Butte dans son témoignage d’avril 1980.

9Anecdote rapportée par A. Butte dans son témoignage d’avril 1980, racontant comme la publication de la loi de l’éclaireuse et du premier manuel français de scoutisme féminin se sont retrouvés conditionnés à la non explosion d’un obus de la DCA tiré dans son immeuble.

10Association des anciennes de la FFE, DT n°XV, 1983

11Témoignage d’Antoinette Butte, avril 1980, accès en ligne : https://eeudf.org/archives/

12Témoignage d’Antoinette Butte, avril 1980, accès en ligne : https://eeudf.org/archives/

13Takako TOBITA, La Fédération Française des Éclaireuses (FFE) : une histoire de jeunes filles et de femmes dans un mouvement scout féminin en France (1911-1970), thèse dirigée par Laura Lee DOWNS, EHESS, 2018, p.26

14Association des anciennes de la FFE, DT n°XV, 1983

15Dans son témoignage d’avril 1980, Antoinette Butte s’étonnera de l’utilisation des matelas et lits de camps qui privent selon elle d’un contact avec une « terre aux énergies bienfaisantes ».

16Association des anciennes de la FFE, DT n°XV, 1983

17Voir plus haut.

18Ces noms sont donnés sans plus de précisions, en particulier concernant Marie-Christine, dans le DT n°XV, 1983.

19« Les thèses de Pomeyrol sont des positions rédigées les 16 et 17 septembre 1941 par douze membres de l’Église réformée de France (ERF), afin de fournir un appui théologique à la résistance au nazisme, contre l’esprit de collaboration et le défaitisme, en appelant à une résistance spirituelle. Les signataires souhaitent que l’Église réformée de France prenne position sur l’occupation et ses conséquences, notamment pour les juifs persécutés. Ces thèses sont adoptées par le synode régional d’Annecy et le Conseil national de l’Église réformée de France décide début 1942 de les diffuser à tous les présidents de conseils régionaux. » (source : Les thèses de Pomeyrol, Wikipédia, janvier 2021).

20Association des anciennes de la FFE, DT n°XV, 1983

Madeleine Beley
1ère commissaire internationale de la FFE

Madeleine Beley, photo DT n°23

« Le courage, c’est d’oser penser » La vie de Madeleine Beley ne fait pas d’étincelles mais trace un sillon régulier. Elle n’a que 24 ans quand elle devient membre de la Main, le groupe des cinq fondatrices de la Fédération française des éclaireuses ! Protestante et membre de la section unioniste, elle défend auprès du scoutisme international et obtient pour les éclaireuses neutres la possibilité de prononcer leur promesse sans référence à un dieu, mais au nom d’un idéal. Son engagement est tous azimuts : commissaire internationale, engagée pour l’accueil des réfugiés de la guerre d’Espagne en 1936 ou pour l’extension du scoutisme aux filles malades ou en situation de handicap, c’est aussi elle qui crée la Nef, un foyer d’accueil des éclaireuses étrangères à Paris. Pour en savoir plus, jetez un œil à sa fiche Wikipedia nouvellement créée!

La petite anecdote rigolote : quand elle est nommée commissaire internationale de la FFE, elle ne parle pas anglais! Voici comment elle parle de la décision prise par ses collègues de l’envoyer représenter la FFE au congrès fondateur de l’Association Mondiale des Guides et des Éclaireuses: « Confiance téméraire, à coup sûr! Car je savais mal l’anglais, je n’avais aucune aptitude mondaine et aucun sens de la diplomatie! Dame Furse [la 1ère directrice de l’AMGE] ne s’est probablement jamais doutée que durant les 4 ou 5 premières années, je n’ai pas compris un mot de ce qu’elle me disait. Peu à peu, mon oreille s’est faite à son langage. Nous nous disputions solidement à chaque nouvelle rencontre, mais entre temps, il arrivait que nous écrivions des lettres charmantes car nous nous aimions bien, et c’était l’essentiel« .

Future membre du Bureau mondiale de l’AMGE, elle est réputée pour ses bourdes et sa maladresse, comme celle-ci (que je trouve assez peu maladroite au contraire!) : « A Budapest je rencontrais Olga Malkowska, la femme du fondateur des Éclaireurs polonais, dont le génie un peu fou me séduisit. Nous faillîmes l’une et l’autre perdre notre bonne réputation et celle de notre mouvement, en couchant une nuit à la belle étoile. On s’aperçut le lendemain que deux campeuses avaient passé la nuit dans le pré voisin et la directrice de l’AMGE décréta solennellement que cette conduite n’était pas digne des membres du Comité Mondial« .

Les témoignages sont extrait du Debrouillum Tibi, le journal des anciennes de la FFE (1986, N°23).

Maud

Simone Iff
Féministe française et présidente du Mouvement français pour le planning familial

Ça y est, on a revu et amélioré la page wikipédia de Simone Iff, ancienne présidente du Planning Famillial, et militante féministe toute sa vie.

Grâce à des recherches de Maud, on a pû retrouver sa trace dans les archives de la FFE, dans « l’annuaire de la région Sud – 1939-1940 » et on y voit ceci :

Simone Iff (ici sous son nom de naissance Simone Balfet) était bien aspirante cheftaine des Petites Ailes Unionistes (la tranche d’âge des 7-12 ans), à Sète.

Florence

Valentine Schlegel
Artiste, sculptrice et céramiste

Valentine Schlegel (photo Suzanne Fournier-Schlegel)

Avec quelques semaines/ mois de retard je vous informe que la fiche wikipédia de Valentine Schlegel est en ligne ! (La question des droits d’images n’étant pas finalisé je vous laisse taper son nom sur internet et vous trouverez plusieurs photos d’elle !)

Mais qui est Valentine Schlegel ?

Pour moi : un vrai coup de cœur !

Tout d’abord parce que c’est la première femme artiste sur laquelle je travaille et ensuite parce qu’elle a eu une vie passionnante !

Valentine Schlegel naît en 1925 à Sète, elle y découvre les éclaireuses en 1937 dans une section nommée Wakandas. Elle deviendra cheftaine dans sa section en 1942.

Plus tard elle sera, costumière au festival d’avignon, conseillère artistique du premier long métrage d’Agnès Varda (elle aussi ancienne éclaireuse) mais aussi artiste, sculptrice, enseignante en arts, céramiste et pleins d’autres choses encore.

Elle est notamment connue dans le milieu artistique pour sa série de vases crée pendant la décennie des années 1950 et pour la création de cheminées en plâtre qu’elle sculpte sur commande chez des particuliers.

Je vous laisse découvrir sa fiche wikipédia ici.

Un grand merci par aileurs à Hélène Bertin, artiste elle aussi qui a fait sortir de l’ombre Valentine Schlegel en lui consacrant plusieurs expositions et sans qui je n’aurais jamais découvert cette femme !

Diane (Dja)